Mécanismes de gouvernance et performance financière des sociétés anonymes à actionnaire unique étatique en République Démocratique du Congo : étude critique du cas de GECAMINES SA
DOI:
https://doi.org/10.5281/zenodo.23985944Abstract
Résumé
Cette recherche examine l’influence des mécanismes de gouvernance prévus par le droit congolais sur la performance financière de GECAMINES SA, entreprise publique stratégique du secteur minier en République Démocratique du Congo. Dans un contexte de paradoxe entre richesse minérale et pauvreté persistante, elle s’appuie sur un cadre théorique combinant la théorie de l’agence, la théorie institutionnelle et celle des parties prenantes. Six hypothèses ont été formulées autour de l’application partielle des normes, de l’efficacité des organes de contrôle, de l’ingérence politique, de la faiblesse de la reddition des comptes, de la perception managériale de la performance et des contraintes institutionnelles. L’approche qualitative, de type étude de cas interprétative, repose sur douze entretiens semi-directifs et mobilise des outils d’analyse lexicométrique (CHD, AFC, ADS) via IRaMuTeQ. Elle met en évidence un décalage profond entre les prescriptions légales et les pratiques effectives, traduisant une gouvernance affaiblie. Les résultats confirment les hypothèses, en soulignant la fragilité des structures de contrôle, la faible autonomie décisionnelle et la persistance des interférences politiques dans la gestion de l’entreprise. L’étude propose des recommandations pour renforcer l’autonomie des organes de direction, améliorer la transparence financière et moderniser les outils de gestion. L’étude insiste sur la nécessité d’une refondation de la gouvernance publique, orientée vers la création de valeur, la légitimité institutionnelle et la souveraineté économique.
Mots clés : gouvernance d’entreprise ; entreprise publique ; performance financière ; Gécamines SA ; droit congolais.
Abstract
This study examines how the governance mechanisms provided for under Congolese law affect the financial performance of GECAMINES SA, a strategic state-owned mining company in the Democratic Republic of the Congo. Against the backdrop of the “paradox of plenty”, in which vast mineral wealth coexists with persistent poverty, the study draws on a theoretical framework combining agency theory, institutional theory and stakeholder theory. Six hypotheses were formulated, relating to the partial implementation of legal norms, the effectiveness of oversight bodies, political interference, weak accountability, managers’ perceptions of performance and institutional constraints. A qualitative, interpretive single-case design was adopted, based on twelve semi-structured interviews analysed with the IRaMuTeQ software through Reinert’s descending hierarchical classification, correspondence analysis and similarity analysis. The findings reveal a substantial gap between legal requirements and actual practice, indicative of weakened governance. All six hypotheses are supported: control structures remain fragile, decision-making autonomy is limited and political interference in the company’s management persists. The study recommends strengthening the autonomy of governing bodies, enhancing financial transparency and modernising management tools. It concludes that public-sector governance needs to be fundamentally rebuilt around value creation, institutional legitimacy and economic sovereignty.
Keywords: corporate governance; state-owned enterprise; financial performance; Gécamines SA; Congolese law.
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