La relation entre concurrence et efficience bancaire : état des lieux et synthèse de la littérature
DOI :
https://doi.org/10.5281/zenodo.21397708Résumé
Résumé
Depuis les travaux fondateurs de Hicks (1935) et Demsetz (1973), la nature du lien entre le degré de concurrence sur les marchés bancaires et l'efficience des établissements de crédit constitue une question centrale de l'économie industrielle bancaire, aux implications directes pour la réglementation prudentielle et les politiques de concurrence.
Cette revue de littérature vise à synthétiser et discuter les résultats théoriques et empiriques portant sur la relation entre concurrence et efficience bancaire, ainsi qu'à identifier les facteurs expliquant l'hétérogénéité des conclusions rapportées dans la littérature.
Conformément à la démarche PRISMA (Page et al., 2021), une recherche systématique a été conduite dans les bases Scopus et Web of Science, complétée par une recherche manuelle (Google Scholar, littérature grise des banques centrales et institutions internationales). Après élimination des doublons et application de critères d'éligibilité prédéfinis, 44 références ont été retenues pour la synthèse qualitative, dont 33 études empiriques et 11 contributions théoriques et méthodologiques fondatrices.
La littérature reste marquée par une absence de consensus. Trois cadres théoriques structurent principalement le débat : l'hypothèse structure-comportement-performance (SCP), l'hypothèse de structure efficiente (ES) et l'hypothèse de la « vie tranquille » (quiet life). Leurs tests empiriques produisent des résultats contrastés selon les régions, les périodes et les instruments de mesure retenus, qu'il s'agisse des indicateurs de concurrence (indice de Lerner, statistique H de Panzar-Rosse, indicateur de Boone, indices de concentration) ou des mesures d'efficience (DEA, SFA, DFA).
La relation concurrence-efficience apparaît non linéaire, potentiellement bidirectionnelle et fortement contingente au contexte institutionnel et réglementaire, ce qui invite à dépasser les approches dichotomiques traditionnelles et à privilégier des spécifications économétriques capables de traiter l'endogénéité et la non-linéarité.
Mots-clés : Concurrence bancaire ; efficience bancaire ; revue systématique ; PRISMA ; indice de Lerner ; DEA ; hypothèse de la vie tranquille.
Abstract
Since the seminal contributions of Hicks (1935) and Demsetz (1973), the relationship between competition in banking markets and bank efficiency has remained a central issue in industrial organization and banking economics, with important implications for prudential regulation and competition policy. This study provides a systematic review of the theoretical and empirical literature on the competition–efficiency nexus in the banking industry, while identifying the main factors underlying the heterogeneity of reported findings. Following the PRISMA guidelines (Page et al., 2021), a systematic search was conducted in the Scopus and Web of Science databases and complemented by a manual search using Google Scholar and grey literature from central banks and international institutions. After duplicate removal and the application of predefined eligibility criteria, 44 references were retained for qualitative synthesis, including 33 empirical studies and 11 seminal theoretical and methodological contributions. The findings reveal no clear consensus regarding the relationship between bank competition and efficiency. Three major theoretical frameworks dominate the debate: the Structure–Conduct–Performance (SCP) hypothesis, the Efficient Structure (ES) hypothesis, and the Quiet Life Hypothesis (QLH). Empirical evidence remains mixed across countries, time periods, and measurement approaches, whether competition is proxied by the Lerner Index, the Panzar–Rosse H-statistic, the Boone Indicator, or concentration measures, and efficiency is assessed using Data Envelopment Analysis (DEA), Stochastic Frontier Analysis (SFA), or Distribution-Free Analysis (DFA). Overall, the competition–efficiency relationship appears to be non-linear, potentially bidirectional, and highly dependent on institutional and regulatory contexts. These findings highlight the need to move beyond traditional dichotomous perspectives and to adopt econometric approaches capable of addressing endogeneity and non-linearity.
Keywords: bank competition; bank efficiency; systematic literature review; PRISMA; Lerner Index; Data Envelopment Analysis (DEA); Quiet Life Hypothesis.
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