Auteur 1 : ICHOU Mohammed Adil
Auteur 2 : CHAGRAOUI wafaa
Auteur 3 : BAKOUR Chafik
Auteur 4 : ICHOU Radia


Mots clés :

Taux de change effectif réel ; taux de change d’équilibre ; mésalignement ; fondamentaux


Résumé:

La volatilité constatée des taux de change réels dans beaucoup d’économies, notamment dans les pays en développement, et l’efficacité du taux de change en tant qu’instrument décisif dans l’élaboration des politiques d’ajustement structurelles et dans la stabilité économique, soulèvent la question de la détermination d’un niveau d’équilibre du taux de change.

En effet, toute distorsion prolongée et sévère du taux de change par rapport à son niveau d’équilibre crée des déséquilibres macroéconomiques et conduisent à une perte de compétitivité et augmentent les pressions sur le niveau des réserves de change, en particulier, dans les économies adoptant des régimes de change fixe.

Dans ce cadre, cette étude porte sur l’estimation du taux de change d’équilibre afin d’évaluer le degré d’alignement/désalignement du taux de change d’équilibre avec le taux de change effectif réel.

Cette étude vise à présenter de manière résumée les résultats et les conclusions de cette estimation qui a été réalisée à l’aide de la méthode appelée : Behavioural Equilibrium Exchange Rate (BEER) en raison de son niveau d’adaptation avec les réalités et les spécificités de l’économie marocaine.

L’estimation du modèle s’est basée sur l’analyse des données par l’utilisation de la technique de la cointégration pour le modèle de long terme du taux de change réel et a porté sur 69 observations pour la période 2001-2019, exprimées sur une base trimestrielle.

L’évaluation du taux de change d’équilibre à travers la méthodologie BEER fait ressortir les principales conclusions suivantes :

  • Une sous-évaluation, depuis 2014, de la valeur du dirham après avoir atteint un niveau maximum de surévaluation en 2012. Cette évolution favorable est liée notamment à la stabilité soutenable de la dette publique pour s’établir à 65% en 2019 et l’amélioration progressive des équilibres macro-économiques, avec une réduction substantielle des déficits budgétaire et du compte courant de la balance des paiements qui sont passés respectivement de 7,2% et 9,5% du PIB en 2012 à 3,6% et 4,1% du PIB en 2019.
  • Le degré de désalignement du taux de change dépend des politiques et pratiques passées et présentes particulièrement celles dédiées à renforcer davantage la compétitivité de l’économie marocaine ;
  • Presque deux années après le lancement de la réforme du régime de change, la valeur du dirham est restée fortement stable et continue d’évoluer bien vers sa norme.
  •  Le désalignement n’est pas statique et n’indique pas une distorsion durable ou une faiblesse structurelle de la monnaie nationale.



Publié

01/03/2021

Vol. 3 No 4 (2021)

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